Trois questions à Guillaume BÉREAU, consultant senior chez

François-Tourisme-Consultants depuis 2003

Le 15 août 2016

 

MilleFeuille : Bonjour Guillaume BEREAU, quel est le parcours qui vous a amené jusqu’à aujourd’hui, notamment au sein du cabinet FTC ?

Guillaume BÉREAU : Bonjour, merci pour cette question car effectivement, parmi l’équipe des consultants et formateurs FTC, nous avons tous eu des chemins personnels particuliers. Pour ma part, dans ma vie professionnelle j’ai toujours essayé d’être cohérent avec mes engagements personnels, notamment en faveur de l’environnement. Cela vient peut-être de mon enfance à crapahuter sur les sentiers de montagne ainsi que de la volonté d’être utile au monde. J’ai donc opté pour des études en Gestion et Protection de la Nature, en Éducation à l’Environnement, puis en Développement Local. 

Ma première expérience professionnelle se situa à Maïné-Soroa au Niger, auprès d’une ONG nigérienne et de l’AFVP (actuellement renommée France Volontaire), sur un programme de gestion des ressources naturelles, et plus précisément de fixation des dunes, pour sauvegarder les espaces cultivables. De retour en France, en 2001, j’ai rejoint la Chambre de Commerce et d’Industrie de Périgueux pour accompagner les professionnels du tourisme sur les thématiques environnementales, dont les économies d’eau, l’assainissement et la performance énergétique. Parallèlement, j’ai poursuivi mon investissement dans le secteur associatif et dans l’écotourisme, en créant avec des amis l’association Itinéraires Partagés.

J’ai découvert François-Tourisme-Consultants dès mon arrivée à la CCI. A la fin de mon contrat, en 2003, c’est tout naturellement que j’ai intégré la société de conseil et de formation pour participer à la création puis au déploiement des outils pratiques, des formations ainsi que des “démarches environnementales” et “démarches qualité”, pour les secteurs du tourisme et des loisirs. 13 ans après, cela reste parmi mes sujets de prédilection et toujours en harmonie avec mes aspirations initiales. D’ailleurs, ces sujets sont encore un des axes de développement pour FTC, et bien sûr un levier puissant de compétitivité et de responsabilité pour les entreprises et destinations touristiques.

MF :  Depuis 2003, vous avez dû voir évoluer le métier de consultant et les enjeux touristiques. Progressivement FTC est devenu leader en France sur le conseil et la formation au ‘Tourisme Durable’. Quelles orientations vous semblent majeures dans ce domaine ?

GB :  En début de carrière, je me rappelle avoir expliqué aux chefs d’entreprises intrigués par le sujet de l’environnement, qu’il ne s’agissait pas d’un effet de mode, mais bien d’une tendance de fond. Aujourd’hui, ce débat n’existe plus, bien qu’il y en ait parfois quelques réminiscences, par exemple lorsque l’on me demande si être vertueux permet d’attirer de nouveaux clients. Avec le pragmatisme qui caractérise nos travaux chez FTC, nous étayons notre réponse sur la base des différentes études et statistiques qui existent. Alors en analysant les éléments clés dans la décision du client de réserver, si le respect de l’environnement prend une place grandissante, il reste largement secondaire par rapport au prix, à la localisation, à la météo locale, à la qualité ou au concept du produit touristique. Mais ne pas agir s’avérera toujours contre-productif : qui d’entre nous n’a jamais raillé tel établissement ou telle destination après avoir constaté une pollution, des déchets éparpillés au sol, un souvenir artisanal “made in” l’autre bout du monde, des ampoules allumées en pleine journée… Adopter de bonnes pratiques environnementales et sociales, c’est fidéliser et satisfaire tant ses clients que ses employés. Obtenir un label ou une certification, c’est crédibiliser sa démarche, c’est être plus professionnel !

Voilà justement l’une des évolutions notables ces dernières années, après le ralentissement économique mondial (2008/2012). Les structures de loisirs et de tourisme sont passées d’une approche uniquement environnementaliste à une démarche intégrant les différentes composantes du développement durable. Désormais, chez FTC nous les accompagnons d’une part sur les dimensions sociales, de ressources humaines, d’ergonomie, de formation, mais aussi de solidarité ou d’accessibilité, par exemple. Nous intervenons également sur le volet patrimonial, la place de la culture, la valorisation des spécificités d’un lieu, et le renforcement des interactions positives sur un territoire (pas uniquement la relation avec ses fournisseurs). Enfin, nous avons toujours suivi et conseillé des entreprises sur leur développement économique et sur la qualité d’accueil et de service. Les démarches RSE (Responsabilité Sociétale des Établissements) résument exactement cet élargissement et le renouveau de la dynamique d’un tourisme porteur de valeurs. Nous employons parfois le terme de Qualité Globale comme synonyme de RSE et avons développé des outils simples et modernes pour les aborder de manière concrète .

A titre personnel, mon implication - et celle de FTC - dans ECORISMO, notamment les forums, les salons, les académies et les clubs, est un moment fort dans une carrière, une prise d’initiative (de risques) en 2007 et une magnifique expérience. Avec le recul, cette dynamique nous a permis de prendre de la hauteur mais aussi de pratiquer notre métier de manière différente, et plus que jamais pertinente et professionnelle. En effet, le consultant n’est pas toujours un simple prestataire de services. Depuis le début d’ECORISMO, FTC renforce sa capacité d’être à l’écoute des entreprises et des destinations, d’échanger et de dialoguer avec les décideurs, dans une énergie gagnante-gagnante, et bien sûr d’innover et de trouver des solutions adaptées à chaque cas particulier. Notre rôle est celui d’un véritable partenaire, co-responsable, avec des valeurs communes, dont celles d’un tourisme profondément humaniste, optimiste et orienté vers l’avenir.

MF : En guise de conclusion, quelles perspectives et quelles thématiques vous semblent importantes pour le tourisme responsable des années 2020 ?

 

GB : Les activités touristiques sont en prise immédiate avec le reste de nos sociétés. Nous retrouvons donc des problématiques communes. Parmi celles-ci, je retiendrai en premier lieu la préservation de la biodiversité. Ce que l’on nomme la “diversité du vivant” est trop souvent considéré comme le grand catalogue des espèces. Cette perception étriquée et figée ne rend pas bien compte des enjeux que soulève la biodiversité. Il s’agit aussi de la diversité génétique, et donc des individus dans une population, mais également de la diversité des milieux naturels et des paysages, et encore de la diversité des interactions entre les espèces vivantes, les écosystèmes, les brassages génétiques… L’évolution, chère à Darwin, est le moteur de la biodiversité.

 

Les entreprises du tourisme et les destinations sont directement concernées par l’état des ressources naturelles (alimentaires, énergétiques, matières premières…), dont elles dépendent très largement, mais aussi par l’attractivité des paysages et le rôle de protection qu’offrent les espaces naturels face à des situations climatiques et/ou épidémiques qui s’aggravent. En résumé, se préoccuper de biodiversité c’est tenter de garder la planète dans un état vivable pour l’espèce humaine, en nous reconnectant avec la Nature. Chaque acteur peut se mobiliser pour réduire son impact sur la biodiversité, et c’est dans ce sens que nous avons créé le label BIORISMO. Le but de BIORISMO est d’aider les professionnels du tourisme et des loisirs à démarrer et structurer leur démarche par l’adoption de gestes simples et concrets, adaptés à leur quotidien. Les premiers établissements qui se sont engagés nous donnent un retour positif, car le message du rapprochement avec la Nature passe très bien auprès de leurs clients, sans altérer leur niveau de prestation, leur image, ni leur rentabilité, bien au contraire.

 

D’autres sujets me paraissent aujourd’hui cruciaux pour le tourisme responsable, en particulier les liens entre santé de l’Homme et qualité de l’environnement. Cette thématique est trop peu présente dans les outils actuellement disponibles pour les professionnels. La question des allergies n’en est qu’un petit aperçu, or cela est trop souvent pris comme une contrainte et non une piste d’amélioration. Plus largement, la gestion des risques deviendra inexorablement un thème majeur dans la gestion des structures touristiques et de loisirs. Actuellement certaines entreprises se dotent de préventionnistes, en charge du document unique voire de l’ergonomie et des troubles musculo-squelettiques, et disposent souvent d’un responsable sécurité. Toutefois, une véritable approche globale des risques (naturels, technologiques, sûreté, humains et psycho-sociaux, sanitaires, informatiques, d’image de marque…) permettra de passer d’une culture de la gestion de crise à celle de la prévention et de l’anticipation. Avec l’équipe de FTC, nous préparons déjà les outils, les formations et les dispositifs qui faciliteront l’intégration de ces questions dans le fonctionnement journalier des acteurs du tourisme.

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